J’ai terminé la petite rénovation de ma T@ à moé.
J’avais acheté une Transalp 600 de l’année 1994, et compte tenu de son état, le moins que l’on puisse dire, est qu’elle avait besoin d’un bon nettoyage.
Une chute de son précédent propriétaire, l’avait conduit à la remiser sous un appentis, ouvert à tous les vents.
L’humidité et les variations de températures ayant fait leur œuvre, la pauvrette était donc dans un triste état à son arrivé dans son nouveau domicile.
J’ai pensé que cette rénovation pourrait donner quelques idées, voir peut être des ailes à ceux ou celles qui seraient tentés de faire de même.
Je n’ai pas eu besoin d’ouvrir le moteur, car d’origine elle avait seulement 35.000km.
En revanche, tout le reste était à rependre.
Je l’ai donc démontée, boulon par boulon pour lui refaire une beauté.
Il y a tellement de tutos suffisamment précis sur ce forum concernant tous les problèmes mécaniques, qu’il serait inutile et même présomptueux de ma part de vouloir faire doublon.
Aussi ai-je pensé que cela pourrait peut être servir de voir le cheminement d’une ch’tit rénov.
Je vous la livre donc ici
La voici à son arrivée

Les restes de carters enlevés voici le spectacle sous les jupes




Vu l’état de la bête, inutile de dire qu’un coup de Karcher ne sera pas suffisant, et qu’il va falloir procéder à un démontage complet.
Avant le démontage, et afin d’éviter toute déconvenue future, il est fortement conseillé de faire « fonctionner » le moteur, pour s’assurer de son état.
Lorsqu’une moto est resté sans « tourner » pendant plusieurs mois, voire des années une première précaution s’impose : faire tourner le moteur à la main pour s’assurer qu’il n’est pas bloqué (Le besoin de la revue technique va commencer à se faire sentir).
Avant cet essai, il est fortement conseillé de démonter les bougies, et de donner un petit coup de WD 40 dans les puits de bougies, et de laisser agir.
Cet essai effectué, et le moteur n’étant pas bloqué, il faut passer à l’étape suivante, c'est-à-dire tenter de le faire fonctionner.
Il faut au pire nettoyer les bougies, ou mieux mettre des neuves.
Démonter le réservoir d’essence, le vidanger, le rincer plusieurs fois (toujours à l’essence), mettre quelques litres d’essence propre.
Démonter les carburateurs, les nettoyer. Le monsieur pressé pourra toujours tenter un nettoyage léger avec le produit « pschit pschit » qui va bien.
S’assurer que l’on dispose d’une bonne batterie. A la limite une batterie de voiture pourra faire l’affaire.
A partir de là, les constatations sont faites et les diagnostics établis.
Il est donc possible de passer à l’étape suivante : le démontage.
Il sera nécessaire de procéder avec ordre et méthode.
Tout d’abord, avant de commencer à démonter, prendre des photos sous tous les angles, et le plus près possible, afin d’avoir des images de référence pour le remontage.
On ne sait jamais.
Il sera d’ailleurs nécessaire à chaque étape de faire de nouvelles photos, éléments par éléments.
Par exemple, les étriers de frein, etc….
Autre précaution utile pour le néophyte, repérer par des étiquettes tous les branchements électriques.
Théoriquement les sucres de branchement étant équipés de détrompeurs, l’erreur ne devrait pas être possible, mais sait-on jamais ….

Le démontage va donc se poursuivre, jusqu’à obtenir un cadre tout nu.


Une fois le cadre dépouillé, il faut, selon son état soit poncer à blanc les parties rouillées, soit le faire sabler.
Ensuite, passer une peinture d’apprêt, suivie d’une peinture définitive, avec ou sans vernis.
Plusieurs peintures peuvent être appliquées.
Le puriste souhaitera certainement une polyuréthane, d’autres se contenteront de plus ordinaire.
Le cadre apprêté

Le cadre peint et vernis

Pour celui qui ferait sabler le cadre, pendant le délai d’attente, il peut s’occuper du moteur.
Nettoyage en profondeur, du moteur et de tous ses éléments.

Pour redonner l’aspect du neuf aux durites diverses, un « frottage » énergique avec un chiffon bien imbibé d’acétone, suivi d’un jet de WD40 que l’on laissera sécher. Les durites, si elles ne sont pas craquelées ou brûlées par la chaleur et les années, reprendront alors un aspect caoutchouc, presque d’origine.
Pour les parties chromées, l’utilisation de la « laine d’indien », ou « laine de brocanteur 000 » s’avèrera fort utile. En effet, la rouille expanse 7 fois son volume.
De grosses taches une fois passées à la 000, se transformeront en un minuscule point quasi invisible, et si l’entretien régulier est effectué avec un petit peu de WD 40, la rouille ne devrait pas réapparaître.
D’autre part, on profitera de ce que le moteur est hors cadre, pour changer les bougies, faire les réglages des culbuteurs etc….
A ce propos, lorsque l’on remonte les bougies, les échappements etc, il s’avèrera fort utile pour la suite d’utiliser sur les filetages, ainsi que sur les joints d’échappement une graisse au cuivre, qui ne se carbonisera pas à la chaleur (résistante jusqu’à 800°), et permettra un démontage futur sans risque ni difficulté.
Au cours du démontage, la vérification de tous les roulements s’impose, surtout ceux dont le démontage moto complète sur roues serait difficile.
Par exemple les roulements de bras de suspension, ainsi que de biellettes de suspension, voire ceux de colonne de direction.
Avant

Après

Le cadre étant peint, le remontage peut commencer
Dans mon cas, la Transalp étant une moto dont la hauteur de selle est élevée, je remplace l’amortisseur d’origine (un noir), par celui équipant les premiers modèles de 87 et 88 (un rouge) permettant de rabaisser la hauteur de 2 cm.

Tous les éléments que l’on va remonter, devront donc être nettoyés et selon repeints également avant repose, ou encore polis.

Les fourreaux de fourche
Avant

Le tube de fourche

Vu leur état, les fourreaux de fourche nécessitent un bon polissage. Généralement les parties alu, ne sont pas seulement polies, mais polies puis vernies. Donc lorsque l’oxydation a fait son oeuvre, il faut d’abord faire partir le vernis, pour pouvoir polir l’alu.
Trois possibilités : soit un microbillage, soit un passage à la brosse métallique sur touret ou sur perceuse, soit le papier de verre (M. Musclor…bonjour).
Pour ma part, j’opte pour le brossage. C’est plus cool, et le résultat n’est pas trop mal. Le puriste pourra achever le travail avec un papier de verre 1000, suivi par un polissage machine (avec utilisation d’une frotte et de pâte à polir).
Après

La fourche étant démontée, c’est l’occasion ou jamais de changer l’huile, ainsi que si nécessaire les joints spi.
Le démontage doit être systématique et complet, si l’on ne veut pas avoir des éléments qui vont faire tâche, parce que mal peints, résidus de rouille etc…..
Même la béquille y a droit.

Pour le radiateur, il est impératif de s’assurer que l’air peut bien le traverser, et, pour ce faire, regarder au travers en le mettant devant une source de lumière.

Ici l'espace des furieux qui retapent leurs motos, la refont, d'origine, ou avec des modifications.





















































