Comme pour le duo j'avais mis 2.5 bars à l'avant et 2.8 bars à l’arrière je me suis dit que cela amplifiait le phénomène, avec en plus un délestage de l'avant, et un guidonnage sensible si je lâchais le guidon, chose que j'avais déjà eu, chargé à mort avec les valises et tout le fourbi.
Je me suis donc dis hier lundi qu'il fallait tirer cette affaire au clair, les beaux jours arrivent et je veux une moto sûre.
Je remets donc la suspension arrière à zero en position solo, 2.2 bars à l'avant et 2.2 bars à l'arriére comme dab.
Je me dis que je vais aller tester ça tranquillou, j'irai faire le plein en même temps, en ces temps de crise, une bonne idée.
Je pars, et direct en bas de chez moi je vois passer une nineT, Suisse
Quelques virages plus tard, ou je teste ma fourche en balançant allégrement ma moto, je vois que mon Ouin-ouin me suis de loin.
J'accélère le rythme en me disant qu'il ne devrait pas tarder à abdiquer avec sa bouse de citadin.
Mais non il reste là présent à 200m en observation.
J'en oublie presque le but de ma sortie, trouver pourquoi ma moto sautille de l'avant. Je me calme et reprend un rythme plus conventionnel en étudiant le comportement de la roue avant sur les raccords et les bosses, l'amortissement me parait bon, donc pas de problème de réglage ou d'huile, pas de jeu dans la direction, je fais 10 bornes en oubliant mon Suisse qui est toujours là dans mes rétros !
M'enfin, il a qu'à me doubler maintenant que je me la traine...
On traverse la Clusaz à 30 à l'heure et il reste tjs à 200m.
On se croirait dans duel de Spielberg, quand le camion suit de loin un pauvre gars en bagnole...en se raprochant imperceptiblement.
Il m'enerve lui là.
Je suis en train de perdre ma raison, il m'agace à me suivre comme ça, 4 rond-points ou il aurait pu aller tout droit et ben non il me suis. Je double hardiment quelques bagnoles pour voir, il est là. Je perds la boule et je m'applique à lui mettre un wagon dans les virages du col que je connais par coeur, il reste beaucoup de neige mais la route est séche, il fait au moins 15 degrés cet aprem. Ça y est il a abdiqué, je ne le vois plus, j'ai donné le meilleur de moi-même, les cales-pieds ont bien reçu, j'ai mouillé ma chemise sur 4/5 bornes. J'me dis qu'il a dû tourné plus bas vers Manigod, je l'ai semé je jubile humblement. Je me relâche à nouveau à 4 épingles du col et en sortie de virage je le vois juste en dessous de moi à 200m, la terreur m'envahi et je relance la machine. Je passerai ce col en premier c'est sûr. Une épingle à droite puis une à gauche, je déclenche l'abs sur l'arriére plusieurs fois et le cul se tortille, je reste droit au maximum sur mes freinages et j'arrache la moto sur l'angle au dernier moment, je sent plusieurs fois la roue arrière qui savonne un peu à la relance, ça passe, la dernière épingle à droite, je jette un coup d'oeil aux rétros et je ne vois rien, j'engage en 2eme en driblant un peu de l'arriére, en devers mon cale- pied droit frotte la route je passe à mi-épingle sur l'élan et quand je remets la sauce la roue arrière m'abandonne, je sents la moto qui glisse des 2 roues sur l'angle, je sents la route sur mon genoux puis mon coude puis ma hanche, c'est la gamelle, la glissade, la honte... La moto couchée racroche d'un coup dans son mouvement et m'éjecte par dessus, je me retrouve debout au milieu de la route, la moto derrière moi, je suis intact, je me retourne et je vois mon Ouin-ouin à l'arret les jambes écartées qui me regarde en haussant les épaules. Je crois qu'il va venir m'achever avec des paroles de compassion, mais non il reste dans le virage avec ses warnings, me laisse redresser seul ma moto, la béquiller... Je ramasse la bulle qui a volé sur la route, je regarde vite fait les dégats en 2 secondes et je remonte sur la bête direct, la redémarre, le guidon est de travers, et je roule vers le col à 30 à l'heure avec l'autre dans mes rétros, je passe le panneau en premier, je contourne des voitures stationnées sur le parking et je redescends aussitôt sans me retourner, ne pas s'arrêter, surtout pas, ne pas entendre les regrets faussement compatissant de mon bourreau en Teutonne...
Je m'arrêterai 5 km plus bas en me cachant honteusement derriére un chalet innoccupé, pour redresser mon guidon et reposer ma bulle, en espérant ne pas être vu...
Analyse du crash:
-1)manque d'adhérence dû au salage excessif de la route, créant une fine croute blanchâtre sur la route séche, courament appelé " verglas de printemps".
-2)manque de lucidité et de clairvoyance.
Moralité: je suis un con
Je propose d'appeler ce genre de gamelle à cause du revêtement anti-adhésif une "TEFAL"



















