Hier je rentrerai tranquillement du travail en moto avec un rythme soutenu quand même puisque j'avais rendez-vous chez le médecin et vu le délai pour avoir un rendez-vous je ne voulais pas être en retard. La petite route départementale que je prends tous les jours est en travaux actuellement, avec des feux de chantier pour réguler la circulation.
Une fois les travaux passés, il y a forcément quelques véhicules a dépasser, et généralement les voitures voyant arriver un motard dans les rétroviseurs se serrent un peu à droite gentiment, courtoisement. Je ne force jamais le passage et tout se fait de manière naturelle.
Sauf qu' hier, je me retrouve derrière un motard qui prend toute la route et qui ne se sert pas du tout pour me laisser passer quand j'arrive. Je pense sur le moment qu'il ne m'a pas vu dans ses rétroviseurs, je le double en mordant la ligne blanche. Méa culpa...
Et je m'éloigne tranquillement.
1 minute plus tard je rattrape des voitures en plein centre du village, je reste derrière en attendant la fin de la zone 30. Je vois mon motard qui arrive dans mes rétros et qui se glisse sur ma droite entre le trottoir et moi. Tout en roulant le mec m'interpelle: "c'est quoi le geste que tu m'as fait ?" dit-t-il en braillant, je lui fait le même geste de dépis en levant mon bras vers le ciel en lui disant: "j'ai fait ça, connard" ...
"Comment tu m'as appellé?"
"Ben connard"..
Et là je me rend compte que le mec ignore qu'il est un connard, le pauvre. je viens de lui apprendre.
Il me serre à gauche en roulant, en m'obligeant à aller sur la voie d'en face...
"Tu veux qu'on s'explique, arrêtes-toi maintenant!..."
"J'ai pas le temps fous-moi la paix!" (de toutes façons je ne vois pas comment lui expliquer mieux qu'en lui disant)
Et je mets un grand coup de gaz pour m'extraire de son emprise.
Je roule à nouveau derrière une voiture pendant quelques secondes, le connard reste à distance, puis en fin d'agglo je double et je le vois tenter de me suivre...
Le gueux roule 1200RT immatriculé en 06 il a un casque orange fluo, on le reconnait de loin.
Il s'accroche sur 100m, puis je le l'enrhume dans les 3 premiers virages, j'ai pas le temps de faire mumuse avec lui, j'ai rendez-vous chez mon toubib...
Je ne le reverrai pas, un bien piètre motard, peut-être un flic refoulé ou un abruti qui rejette ses senblables, un justicier du dimanche ? Je ne saurai pas.
C'est sûr que le mec quand il a réalisé grâce à moi qu'il était un connard, ça a dû lui faire un choc, une révélation qui l'a mis en rogne, je comprend. Mais on ne pouvait pas lui cacher la vérité toute sa vie.
Quand on n'est mort, on ne le sais pas, y'a que ceux qui restent que ça emmerde, quand on est con c'est pareil.
Je tiens à présenter mes excuses à ce pauvre diable, promis je le laisserai dans son ignorance si un jour je le redouble ou le recroise.














