Vous vous souvenez ? L'année dernière à la même époque, un
Yannick trouve un cadre avec carte grise , prêt à me la reprendre : solution idéale, la voir finir en pièce détachées je n'aurais pas eu le cœur ni le courage. Mais voilà : il me faut un autre ch'val pour rester l'indien couettes au vent que vous connaissez. La moto, c'est à peu près le seul objet qui m’intéresse dans la vie en dehors des livres. Et, en l'espèce, je suis extrêmement conservateur. Quand j'ai trouvé un modèle qui me convient, c'est parti pour une décennie.
Alors reprendre une Transalp ? Avec les thunes que j'ai (le confinement n'a rien arrangé vous pensez bien) c'est repartir sur un modèle stock, trop triste après tout ce que j'ai fait sur la Rouge. Autre chose alors, oui mais quoi ? J'ai essayé 15 000 trucs : trop cher, trop lourd, trop exposé aux intempéries, trop tout pas comme ma Rouge...Pas facile de trouver quelque chose de pas cher, fiable, économique à l'usage, avec une petite conso, qui me protège bien et qui me permettra de faire mon Nantes-Stasbourg d'une traite sans l'autoroute... L'impitoyable loi de la sélection naturelle a œuvré. La nature avait créé le modèle ultime et irremplaçable. Comment faire ?
Et puis un matin de double nœud aux neurones j'ai une révélation. Tel Moïse sur la montagne, Dieu m'a parlé :
"Mon fils, pense à ta Communauté !"
Allons bon.
Est-ce à dire qu'il faut que j'aille d'urgence me confesser auprès du curé de ma paroisse, lequel serait à même de me rassurer sur les vertus de tel bicylindre qui aurait l'agrément du Vatican ? J'ai comme un doute.
Communauté...Communauté...Bon sang mais c'est bien sûr ! C'est de Transalpage qu'il s'agit ! ! !
La Voix Céleste Éternelle avait raison. Les nuages se sont dispersés, le soleil a ardé et les trompettes de Jéricho ont sonné. J'allais me sacrifier pour Elle, ma Communauté. J'allais être celui que l'on désignerait à la vindicte populaire si il avait le culot de venir à la Grok avec...
Et, par la même, l'insupportable pression faite à certains qui viennent avec des engins aussi bizarres que des 1200 GS s'évanouirait comme par magie. Dorénavant, ils ne risqueraient plus de voir leur moto bruler emballée dans du papier toilette. Parce que je focaliserais la réprobation générale pour oser rouler avec une telle horreur.
Et avoir le culot de venir narguer la crème des païlotes et mécas du Francistan, et de l'Europistan.
Car nous savons bien, au delà de nos airs bravaches, que nous sommes de grands pudiques. Il y a des choses qui ne se disent qu'à voix basse, le soir vers 7 heures du matin, autour de la dernière bouteille de bizarre disponible. Parmi ces choses, il y a cette crainte que partagent les meilleurs d'entre-vous sur le Bitume, Stéphane, Roland et les autres : vous connaissez mon niveau de pilotage, ces angles irréels que j'arrive à prendre sans décrocher, cette grâce subtil toute de style coulé qui me permet de taper des chronos incroyables et vous vous demandez avec angoisse quand je vais rejoindre votre groupe de tête pour vous pourrir tous. Et bien soyez rassuré maintenant. Avec...
Mais trêve de bavardage.
Alors qu'est-ce qui est Honda, bicylindre, qui rempli le cahier des charges évoqué plus haut ?
Que l'on peut trouver à 900€ pour 36 000 km (en se levant tôt et avec une révision approfondie il est vrai) ?
Et qui ne survivrait pas à une Grok ?
Hmmmmmm ?
Ne répondez pas trop vite, parce que le gagnant devra obligatoirement parader dans tout le camping avec. Deux tours. Et ça, ça sera vraiment la honte. Annick, Drakkar et Brunoma sont exclue du concours, évidemment.










