Petite sortie aujourd'hui, en mode reconnaissance des chemins pour faire un peu de TT dans mon nouveau pays.
Ça part sympa. C'est très roulant, mais pas chiant. Juste ce qu'il faut pour que ce soit fun sans trop transpirer.
Puis je me retrouve face à une montée de gros cailloux (pas de photo). Je tente le coup.
Malheureusement, je ralenti un peu avant le sommet, je cale, et la moto chute à l'arrêt. Et pour couronner le tout, batterie morte qui ne veut pas redémarrer.
Je fais un demi-tour en mode équilibriste, et je relance la meule en seconde dans la descente.
Là, j'aurais dû me dire : problème de batterie, fais demi-tour, rentre à la maison, ça pourrait vite devenir galère.
Mais non, le Pingouin il décide de se la faire cette montée. Gaz en grand, c'est technique, mais ça passe. Des semaines de frustration motocycliste, ça pousse à la connerie.
Et je continue mon petit chemin jusqu'à un petit col accessible uniquement par les sentiers de randonnée.
C'est là que la vraie galère commence. :D
Je ne sais pas comment, parce que je n'ai pas vu d'autre chemin, mais je me plante dans la trace GPX, et je suis une piste qui descend un peu fort.
Quelques centaines de mètres plus loin, non seulement ça descend encore plus fort, mais en plus c'est de la roche. Le sentier est étroit et je suis penché vers l'avant à bloc, je ne me vois pas faire demi-tour. C'est chaud, mais en restant concentré ça passe, et un bon dosage des gaz me permet de descendre les « marches » sans toucher le sabot. C'était quand même un peu au-dessus de mon niveau. Arrivé en bas, je me rends compte que je ne suis pas sur la bonne trace GPX, mais impossible de faire demi-tour ; une 750 avec des pneus mixtes couverts de boue, je ne pourrais jamais remonter cette roche bien lisse. Tant pis, je continue, je vais bien retomber sur ma trace, ou une route pour la récupérer plus loin.
Là, j'ai sous-estimé ma fatigue. Le pierrier, la roche, le soleil, mon équipement routier peu aéré… Heureusement j'ai pris 3 litres d'eau.
Le sentier devient très étroit, du genre que tu peux difficilement descendre de ta bécane sans tomber dans le ravin à côté. Mais je m'emporte un peu, et je suis le chemin un peu trop vite.
Quand je vois, un peu tard, que la petite montée de terre devant moi, en fait il y a un rocher en dessous. Trop tard pour corriger ma trajectoire, je glisse, et la moto file dans le ravin.
On ne le voit pas sur la photo (prise après que j'ai réussi à la traîner hors du vide), mais y'a environ 7 mètres en pente raide en-dessous. La tête de fourche et la roue arrière étaient suspendues dans le vide. La moto tenait juste parce que le pare-carter HD était coincé sur un bout de rocher.
Je suis au bord du vide, avec un rebord fait de roche glissante et de terre boueuse qui s'affaisse sous mon poids, fatigué, et faut que je me sorte de là. :D
Il m'aura fallu une heure pour traîner la moto sur 2-3 mètres, à un endroit où le dévers n'est pas trop prononcé pour pouvoir la remettre sur ses roues.
Plus une autre heure pour la redresser, la déplacer sur la seule portion de chemin ou je pouvais tenter de la redémarrer à la poussette, et après plusieurs tentatives, poussage de la moto pour la ramener en haut de la petite pente, et re-tentatives, l'entendre enfin vrombir.
Entre temps, j'ai défoncé mes 3 litres d'eau (transformés en 3 litres de sueur), et j'ai vu sur ma carte que j'étais à seulement 200 mètres d'une route bitumée. Vivement que je l'atteigne et que je rentre chez moi.
Sauf qu'il faut quand même que je repasse ma petite montée glissante avec son dévers latéral de bâtard. Je fais une première tentative, sans oser aller trop vite, et je manque de repartir dans le ravin. Je ramène prudemment la moto en arrière pour avoir un max d'élan, je calcule ma trajectoire, et je mets les gaz en grand ! Ma roue avant décolle ! Ouf ! C'est passé.
Et je débarque, 200 mètres plus loin, dans la cour d'un berger qui ne comprend pas d'où je sors. Et le lui ayant expliqué, il n'en revenait pas que j'ai pu passer par ce chemin avec ma grosse moto. Comme quoi sur un malentendu…
Mais bon, un malentendu qui aurait pu très mal finir. Et même si c'est drôle à raconter a posteriori, c'est surtout l'histoire d'un abruti qui a eu beaucoup de chance.
Évitez les sorties solo en TT, ça peut facilement virer au drame.
Merci à
Transalpine, Flan, TiTi, Mika et Banliou, qui m'ont suivi en direct dans cette aventure (via Telegram) avec leurs encouragements, malgré le fait qu'ils se soient fait du mouron pour le débile que je suis.